Entendu

9 novembre 2009

- C’est quoi ta définition d’un monde parfait?
- Un monde sans moi.

V. (chanté par Delerme)

5 novembre 2009

L’heure Du Thé

J’étais passé pour prendre un thé
Caramel ou vanille?
Bah non j’ai plus que vanille

J’étais venu pour dire des trucs pas terribles: Y a plein de travaux dans la rue, Tiens c’est marrant t’as la Bible.

Sous un poster de Modigliani
J’étais passé prendre un thé
Et j’ai passé la nuit

Mais ce matin
Rue St Séverin
Je sors de chez toi
Habillé comme hier

Dans la ville normale
Des voitures banales
Qui ne savent pas
Pour la nuit dernière

On a discuté: Jambon purée bougie, Gabriel Fauré, Mozart, Laurent Voulzy
Assis en tailleur, Face à Modigliani
Sur Karin Redinger, Tu m’as dit “bien sûr que si”

Et ce matin
Rue St Séverin
Je sors de chez toi
Habillé comme hier

Dans la ville normale
Des voitures banales
Qui ne savent pas
Pour la nuit dernière

Peut-on construire quelque chose sur la base d’un “pourquoi pas”?
Ou doit-on toujours attendre une passion?

Qu’est-ce que le “pourquoi pas”?
C’est un calcul froid. Une somme d’éléments rassemblés et apparemment positifs (encourageants?) sans que vienne s’immiscer le moindre élément affectif.
- Sortir avec X.? Pourquoi pas, ça pourrait marcher.
- Accepter ce travail? Pourquoi pas, ça pourrait être intéressant.

La passion, c’est l’exact inverse. Point de calcul. Qu’un élan irrépressible. Point de négation dans ce monde, point de recul, de distance quant à soi. Un simple et puissant mouvement dans le vide. Mais un vide organisé, un vide orienté.

On pourrait penser que le plus grand risque se situe du côté de la passion. Je ne crois pas. Dans le “pourquoi pas” se cache le risque de l’ennui. Dans la passion ne se cache que l’explosion (implosion?), qui est encore une passion. Ainsi, la passion succède à la passion. Et la vie est pleine. Usante mais pleine. Dans le “pourquoi pas”, la vie est plate. Satisfaisante, mais plate. Et j’insiste sur le mot satisfaisant (i.e. point de comblement).

Mais comme toujours, ce sont deux extrêmes, deux caricatures qui ne se réalisent jamais totalement. Nous sommes toujours à nous mouvoir sur la corde tendue entre ces postures.

Et pire encore, nous n’avons pas le choix de la distance qui nous sépare d’un point ou de l’autre. On peut y réléchir. On peut s’apercevoir sur la carte. Mais on peine à se déplacer dans un sens ou dans l’autre.

Salade:

- Couper en quatre des tomates datterino
- Ajouter des dés de Cantadou Salade & Apéritifs ail et fines herbes (coupés en deux)
- Faire griller des pignons et les mettre encore chauds dans le saladier pour que les dés de Cantadou fondent un peu
- Faire griller des tranches de lard à griller, les essuyer, et les couper en carré
- Ajouter de la salade de mesclun (jeunes pousses de Batavia, de laitue, de tat soï, de moutarde, de red chard, de mitzuna, de cresson et de cerfeuil)
- Saler (sel de Guérande), poivrer
- Huile d’olive au citron
- Un jus de citron

Régalez-vous!

Niels Bohr

27 octobre 2009

Le contraire d’une vérité banale, c’est une erreur stupide. Le contraire d’une vérité profonde, c’est une autre vérité profonde.

Loin d’Odile

26 octobre 2009

Les premières pages sont dignes de Christian Oster. L’incongru décrit comme banal, avec cette distance nonchalante qui génère forcément le rire. Oster, c’est l’absurde du quotidien élevé au rang d’art consommé. Mais c’est aussi l’amour dans toute sa complexité et ses inévitables difficultés. Oster, c’est à lire A TOUT PRIX! Et pas seulement Loin d’Odile (mais c’est un bon départ).

Extraits

Requête

22 octobre 2009

Chère Madame,

Laissez-moi vous exprimer toute mon admiration pour ce que vous êtes.
Je dois avouer une fascination pour le féminin. En particulier pour le féminin incarné.
C’est pourquoi je vous demande, avec une attente fébrile et désirante, d’offrir à mon regard avide de pureté la courbe fluide de votre corps.

Laissez mon regard se poser sur vos épaules nues.
Offrez-moi l’image de votre cou, de votre dos.
Permettez-moi de découvrir la forme de vos seins, de vos fesses.

Je me demande de quelle couleur sont vos aréoles?
Vos tétons sont-ils arrogants ou timides?
Avez-vous des marques, des grains?
Et votre peau, est-elle douce? Quelle est son odeur?
De quelle couleur est votre toison? Quelle est sa forme?
Et vos lèvres? Les petites?

Je vois croise partout. Dans la rue, dans le train. Dans les magasins, mais aussi sur la toile.
Madame, sachez que j’imagine tout de vous.
Votre visge déformé par le plaisir.
Le son de votre voix lorsqu’elle se fait tendre.
Soupirez-vous discrètement? Gémissez-vous? Vous arrive-t-il même de crier parfois?

Mais mon imagination, si puissante soit-elle, n’est qu’une faible satisfaction en comparaison à l’image réelle que vous pourriez m’offrir.
Je me languis de vous découvrir.
Je meure de tendre perpetuellement vers vous et de me heurter qu’à votre corps fantasmé.

Accédez à ma requête, ayez pitié de moi en daignant soumettre à mon regard, à ma pulsion scopique, comme le dirait S.F., votre peau tout entière et sans nul protection. Soyez impudique. Aimez que je me délecte de votre image, que je l’aime, que je la vénère.

J’en appelle à votre bonté.

quand mes journées n’étaient remplies par rien. Par pas grand chose dirons-nous. Et que j’avais tout loisir de vous lire. De tout lire. De venir sur vos blogs commenter maladroitement mais avec affection.

Vous me manquez, toutes et tous.

Bonne nouvelle au matin

20 octobre 2009

Rien ne pouvait laisser penser que cela allait arriver si tôt. D’habitude, il faut patienter au moins une année, parfois plus. Et le précédent date du mois de juillet me semble-t-il. Et pourtant, illumination de ma journée ce matin en me rendant sur FB: Les Eels sortent un nouvel album le 19 janiver 2010: End Times

Vais me rendre à mon cours Mixed Linear Model (sexy, non?) en sautillant :-)

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Juste avant le spectacle Un Pedigree de Mondiano avec Edouard Baer, nous avons parlé de Luchini. Allez savoir pourquoi! Du coup, dès mon retour à la maison, j’ai loué Le Point Sur Robert, le dernier spectacle de Fabrice. Je me suis déchiré autant les muscles abdominaux que ceux des joues à force de rire. Et j’ai été fasciné par les extraits lus de Valéry ou Gide, mais surtout ceux issus des Fragments Du Discours Amoureux de Roland Barthes. Je me suis donc précipité dans une bonne librairie (donc pas la FNAC! Enfin, si, la FNAC, mais ils ne l’avaient pas…) pour l’acheter.

Ce livre est un joyaux! Quelques extraits:

(…) Il s’ensuit que dans tout homme qui parle de l’absence de l’autre, du féminin se déclare : cet homme qui attend et qui en souffre, est miraculeusement féminisé. Un homme n’est pas féminisé parce qu’il est inverti, mais parce qu’il est amoureux. (Mythe et utopie : l’origine a appartenu, l’avenir appartiendra aux sujets en qui il y a du féminin.)

(On me dit : ce genre d’amour n’est pas viable. Mais comment évaluer la viabilité ? Pourquoi ce qui est viable est-il un bien ? Pourquoi durer est-il mieux que brûler ?

ANNULATION. Bouffée de langage au cours de laquelle le sujet en vient à annuler l’objet aimé sous le volume de l’amour lui-même: par une perversion proprement amoureuse, c’est l’amour que le sujet aime, non l’objet.