Harry Haller

30 janvier 2009

Berger, seul dans la montagne. A l’écoute du vent et des bêtes. Pas d’eau courante. L’odeur du feu de bois, de la paille humide et des aiguilles de pin séchées.

Anachorète dans sa grotte, animé du désir de transcendance. Le regard vers haut. La reconnaissance de l’existence d’une force divine dans chaque animal, chaque plante, dans tout ce qui vit. Le bonheur du silence. Le bonheur du chemin spirituel à parcourir.

Et bien non. Rien de tout ça. Du moins pas de manière aussi radicale. Besoin de solitude, certes, mais une solitude accompagnée. Besoin d’être deux, toujours. Besoin de l’Autre. Besoin d’aimer et d’être aimé. Besoin d’Hermine.
Définitivement.

Nouvelle blessure narcissique ? Un peu, mais moins que la précédente.

Mais surtout un nouveau pas dans ma direction grâce à ce voyage.

27 janvier 2009





























Bilan

26 janvier 2009

Je voulais que ce voyage soit une expérience humaine. Je crois que cela dépasse toutes mes espérances…

A 21 ans, je suis parti pour 6 mois en Inde. Mon premier grand voyage.

Je suis parti avec un sac-à-dos et mon meilleur ami. La première semaine, j’ai pleuré tous les soirs tant le spectacle que l’Inde m’offrait était douloureux. Pays de contrastes poussés à leur maximum, pays de pauvreté et pays d’espoirs. Je n’oublierai jamais la lueur de bonheur qui a traversé les yeux de cette petite fille lorsque je lui ai donné un misérable petit paquet de cacahuètes. Son regard me hante encore et maintenant en écrivant ces lignes, ma gorge se noue, 14 ans après.

Les semaines qui ont suivi, je me suis endurci, mais j’avais tout de même envie de rentrer.

Le choc psychologique, le changement de régime alimentaire et un certain nombre de problème que je laissais derrière moi ont fait que je suis tombé malade. J’ai d’abord pensé à une classique tourista, mais quand j’ai réalisé que je perdais plus de sang que quoi que ce soit d’autre, je me suis dit que cela devait être plus grave. Je n’ai pas eu le courage de me faire soigner en Inde et je n’ai pas dû insister beaucoup auprès de mon pote pour que nous rentrions en Suisse après un petit plus d’un mois.

Ce voyage m’a changé à jamais. Il vit en moi et me guide à chaque instant.

Je suis retourné en Inde deux ans après. Pour trois semaines seulement. Avec un long passage par le Népal et un trek autour des Annapurna.

Hormis ces deux expériences, je n’ai pas vraiment fait de “grands” voyages. Et pourtant, j’aimais à me considérer comme un “globe-trotter”. J’aimais à m’imaginer en apprenti Nicolas Bouvier. J’aimais me croire libre et détaché. J’avis toujours une bonne raison de n’avoir pas encore parcourus le monde dans l’entier de ses latitudes et de ses longitudes. Pas assez d’argent, l’université à finir, la thèse à terminer, etc. Bref, un globe-trotter immobile. Contraint à l’immobilité.

Mais je me suis menti durant tout ce temps. Pour un “natural born globe-trotter”, il y a toujours une excuse pour voyager, toujours une possibilité. Pas le contraire!

C’est mon voyage actuel qui m’a fait prendre conscience que mon côté grégaire dépasse de loin mon côté nomade. Mon Pays me manque bien plus que je n’aurai jamais pu l’imaginer. Son parler proche de la terre, sa campagne et ses villages de pierres. Son hiver, ses montagnes. Ses chevaux et même ses vaches. Je suis de là-bas ! Et pas de nulle part comme je me plaisais à le penser de manière romantique.

Blessure narcissique. Evidemment.

Je suis aux Etats-Unis pour deux ans. Officiellement pour faire un Post Doc. Pour ma carrière. Je suis dans un des plus prestigieux centre de recherche au monde. Je suis un privilégié. Mais je m’en fous.

Ma carrière n’a toujours été qu’un prétexte. Un outil. Je voulais vivre à l’étranger durant un moment. Faire cette expérience pour apprendre à me connaître un peu plus. Pour rencontrer des limites que je n’avais pas encore rencontrées. J’ai obtenu ce que j’ai voulu et je suis là.

Je voulais vivre un moment à l’étranger. Mais je ne vis pas ici. Je suis de passage. J’y suis pour deux ans. Cela change tout. Je ne m’investis pas comme si je vivais ici. Je me dis, à quoi bon acheter ce magnifique tableau, je repars dans deux ans. Vivre à l’étranger, c’est ne pas savoir quand, et même si, on va repartir.

Voilà une bonne leçon.

Ma carrière est un prétexte. Mais autant utiliser ce prétexte au mieux. Au départ, je voulais faire un Master en Biostatistiques. Mais, pour des raisons financière cela n’a pas été possible. J’ai donc accepté de venir travailler dans ce lieu prestigieux. Bien évidemment déçu de ne pas pouvoir faire ce Master, mais bien évidemment heureux d’avoir la possibilité de pouvoir enfin réaliser mon rêve de vivre à l’étranger. Vous savez déjà que de ce côté-là, je ne suis pas satisfait.

Mais ce compromis scientifique ne me convient pas non plus. Bien sûr, j’aime mon travail. Je suis très heureux de travailler avec ma cheffe qui est incroyable. Mais je ne fais pas un Master en Statistique…

Bref, je crois que je ne vais pas rester deux ans.

Et puis, il y a en Suisse la femme que j’aime, même si elle ne veut plus de moi.

N’oublie pas d’être heureuse, de Christine Orban, évoque des problèmes existentiels que tout le monde pourrait se poser. Faut-il tout quitter pour réaliser ses rêves, quel qu’en soit le prix ? L’auteur parle de nos choix, nos doutes, nos faiblesses qui jalonnent notre vie. Son message est explicite : la chance ne frappe pas deux fois à la même porte. Il faut savoir prendre les bonnes décisions et profiter de ce qu’on a. On pense souvent à tort que la vie ailleurs est meilleure. Mais le vrai bonheur est de pouvoir vivre entouré des êtres chers.
 
Source: France-Soir

Craintes et reconnaissance

21 janvier 2009

S. m’a offert la possibilité de danser avec les étoiles et de tutoyer le soleil. Je lui en serai à jamais reconnaissant.

Maintenant, je suis mort de peur de ne plus jamais pouvoir retrouver cet état de grâce auprès de quelqu’un d’autre.

Ce n’est pas une crainte mesquine. C’est une profonde tristesse, une angoisse béante. Un sentiment de vide infini.

Remote control

16 janvier 2009

Putain, c’est dur de se faire quitter à 6500 Km.
Une impression d’impuissance.

Une rupture est toujours définitive. On le sait. Même si au début on le nie.
Une rupture à distance augmente la souffrance parce qu’elle augmente l’impression d’inéluctable.
Elle augmente le sentiment d’impuissance.

Le sentiment d’impuissance est pour moi un des sentiments les plus durs à vivre:
Qu’il s’applique à la misère humaine, à la souffrance d’autrui ou à ma propre souffrance, je le ressens au plus profond de moi. Physiquement. Mes membres deviennent lourds, le souffle me manque, la rage m’envahit, les larmes coulent et je reste là, conscient de mon inutilité, de ma contingence.

Tournant?

15 janvier 2009

Continuer ou abandonner?
Continuer ou tout changer?
Continuer ou adapter?

Abandonner, soit! Mais après?
Tout changer, soit! Mais pour aller vers quoi?
Adapter, soit! Mais est-ce possible?
Continuer, soit! Mais en ai-je envie?

Se laisser porter? Une fois encore ne pas vraiment choisir?

Attendre. Pour l’instant, attendre. Attendre que l’émotion issue de ma vie privée ne brouille plus ma capacité de penser, de prendre de la distance, de mettre en perspective.

Et si cette émotion était de bons conseils…

Je ne sais pas. En tous cas elle dit quelque chose d’important.

Espérer

14 janvier 2009

Recherche d’un rythme, d’un souffle
Recherche d’un geste pure

Questionner l’évident
Atteindre le présent

Parcourir un chemin de boue
Parcourir ses propres fêlures

Subir l’inconnu
et
Subir le connu

Espérer désespérément
Espérer, simplement.

Jean-Baptiste Clamence…

12 janvier 2009

Etes-vous croyant?

Où trouvez-vous la force d’exister au quotidien?

Comment pouvez-vous surmonter chaque jour l’absurdité de la vie, son inanité?

Comment est-ce possible de faire comme si de rien n’était?

 

 

 

 

 

Apparté: “Que ce soit la révolution ou la paëlla, dis-toi bien que rien de ce qui est espagnol n’est simple.”
Un singe en Hiver (le film).

Humeur du moment

9 janvier 2009

Avant, le silence de mon appartement était un silence riche de la possibilité qu’il soit rompu par un appel de S.

Maintenant, c’est un silence vide, infini.