Ok, c’est une pub pour ******
22 septembre 2009
mais je ne m’en lasse pas!
Solitude
19 septembre 2009
Katy Perry? No, The Baseballs!
18 septembre 2009
Autours des Gastlosen
14 septembre 2009
Chalet
14 septembre 2009
La Non-rencontre
10 septembre 2009
Le train ralentit. Jean se hâte de terminer le paragraphe. Page 608. A trente page du dénouement tant attendu. Kafka sur le Rivage fascine. Il mêle les histoires comme les niveaux de réalités. Chacun se faisant l’écho des autres sans savoir vraiment pourquoi. Et il ne reste à Murakami que trente pages pour offrir les clefs. A moins que la résolution ne soit pas complète. Mais peut-elle l’être? La logique classique est malmenée, mise en suspend. Et pourtant, pour peu que l’on accepte le postulat de base, tout se tient.
Peu de choses libèrent l’esprit de Jean de son emprisonnement actuel. Presque rien ne lui permet d’oublier, un instant, son corps où la douleur morale s’incarne en une sensation physique. Ce livre y arrive.
Mais le train ralentit. Il entre en gare et il va devoir patienter encore avant de refermer la dernière page de Kafka. Eels prend le relais pour venir occuper son esprit, I felt like I’d die of loneliness.
Il marche le long du quai et scrute les regards. Il y cherche une promesse. Son coeur pourra-t-il encore s’enflammer? Il parcours les corps, imaginant la peau nue sous le tissu. Mais à chaque fois, c’est le corps de Saskia qui vient faire valoir sa supériorité. Ce corps désormais à jamais défendu.
Et puis, il y ces yeux sur lesquels Jean s’attarde plus longtemps. D’abord, parce qu’elle ressemble à une amie de Saskia. Comme un transfert, une possibilité d’amour par procuration. Mais aussi parce que le trait est fin. La pose noble. Le corps attirant. Pourtant, il y a une retenue. Une ombre au tableau. Déjà. Rien de descriptible. Juste une absence d’alchimie.
Jean continue son chemin entre les escaliers roulants, les passants et les couloirs souterrains. Il débouche à l’arrêt de bus. Pendant ce temps-là, Brel a pris la place des Eels, Buvons à ta santé Toi qui sais si bien dire Que tout peut s’arranger Qu’elle va revenir Tant pis si tu es menteur Tavernier sans tendresse Je serai saoul dans une heure Je serai sans tristesse.
Un flot de larmes frappe à sa porte. Mais pourquoi donc écoute-t-il ce genre de chanson en public. Il sait pourtant qu’il n’est pas capable de résister. Il lutte de toutes ses forces, évite d’offrir aux regards des autres son propre regard bientôt débordant de larmes.
En regardant par terre, il aperçoit les jambes de la presque amie de Saskia. Il lève lentement les yeux et se dit que ma foi, cette demoiselle est bien faite. Il est soudain impatient de poser ses yeux sur sa poitrine et plus encore sur son visage. Mais à mi-chemin, il s’arrête net, le souffle coupé. Elle lit Kafka sur le Rivage et elle est presque au même endroit que lui. Bien sûr, ça n’est peut-être qu’un hasard, bien que peu probable. Mais l’ambiance de ce livre, son hypothèse qu’un destin nous guide, fait douter Jean. Et si c’était elle? Et si le destin, justement, la plaçait sur son chemin?
Il s’approche. Sort son Kafka et tente un maladroit et à peine audible: Quelle coïncidence! En lui montrant la page 608. Elle lève les yeux vers lui, apparemment agacée d’être coupée dans cette lecture passionnante. Met un peu de temps à comprendre. Jean reste là, son livre ouvert à la main. Muet. Elle finit par sourire.
- Ne me racontez pas la suite, surtout.
- Non, non. Bien sûr. C’est le premier Murakami que vous lisez?
- Non, le second (son coeur bat, c’est aussi le second pour Jean. Il est entré dans l’univers de Murakami grâce à La Fin des Temps.). J’ai commencé par Norwegian Wood (Zut, se dit-il, les signes du destin semblent s’affaiblir).
- Ah oui? En anglais? Il est n’est pas trop difficile à lire en Anglais?
- Disons que je suis bilingue. Mais mon bus arrive. Au revoir.
- Euh, au revoir et désolé de vous avoir interrompu dans votre lecture.
Jean constate que son bus arrive aussi. Ils prennent le même bus. Mais entrent par deux portes différentes. Apparemment, le destin n’a rien à voir la-dedans. Seul un simple concours de circonstance. Une probabilité extrêmement faible (le même livre, presque la même page, le même train, le même arrêt de bus, le même bus!), mais pas nulle.
Et puis, Jean se dit que la ressemblance avec l’amie de Saskia est plutôt malsaine. Il préférerait une ressemblance avec Saskia…
Briser le silence
2 septembre 2009
Parce que K à raison.
Parce que j’ai honte de me mettre dans des état pareils alors que la souffrance, la vraie, est partout.
Même si la mienne à la saveur de la réalité. La profondeur de n’importe quelle autre souffrance. Même si les larmes coulent, beaucoup. Et que tout le corps fait mal. Le ventre se contorsionne en des volutes improbables. L’appétit a, une fois encore, disparu (mais après ces sept kilos envolés cet hiver, puis-je encore perdre du poids?)
Parce que je la vois tous les jours. Tous les jours.
C’est comme un hurlement dans le désert. Un affront à la logique.
C’est comme une plaie béante fouillée par des doigts sales.
A la fin de (500) days of Summer, Tom rencontre Autumn. Certaines personnes ont été déçue par cette fin trop Happy End selon eux. Ces personnes voyaient en Autumn le femme de la vie de Tom. Je ne crois pas. Au contraire, je pense que cette fin est brillante d’intelligence. Ce que cette fin veut nous dire, ce n’est pas que Tom a enfin trouvé la bonne personne et va se marier (et avoir beaucoup d’enfant, bla bla bla). On n’en sait rien, et rien dans le film le suggère. Non, ce que le film veut montrer, c’est que le temps ne sert à rien dans les peines de coeur. A rien du tout. La seule chose qui guérit, c’est l’Amour. Pour oublier Summer, plus ne plus en souffrir, Tom doit tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Car Tom est un amoureux perpétuel. So am I.
Bref, J’attends Autumn.
Silence
1 septembre 2009
Même écrire est compliqué la gorge nouée.


